Le marché

« Mais vous livrez quoi en fait ? » Voilà une question à laquelle il s’agirait de répondre tant le marché des courses urgentes à vélo ne semble pas être une évidence pour tout le monde. L’évolution de la livraison à vélo, les clients réguliers et les choses les plus improbables qu’on a déjà transportées, on vous raconte tout.

LAURENT KÜNG  ·  25.02.2019

Il s’agirait premièrement de définir les secteurs dans lesquels vélocité a construit son marché : le médical, le juridique, le monde de la finance, celui des arts graphiques et du business travel. Nous pouvons encore ajouter le service des cases postales et le service Dring Dring bien entendu. Mais tout ça ne rend pas les choses beaucoup plus claires, reprenons depuis le début. 

 

À son commencement, en 1999, vélocité travaillait principalement dans un monde triangulaire entre les boîtes de communication, les ateliers de photolithogravure et les imprimeurs. Le secteur des arts graphiques donc. Internet existait déjà certes, mais coûtait cher et était très lent. Par conséquent, vélocité transportait à la fois des clés USB, CD, DVD et autres supports du passé entre les différents angles de ce triangle et, également, les projets imprimés.

 

Avec le développement d’internet et l’augmentation de son débit, les divers supports physiques ont disparu et ce secteur, qui représentait une grande partie du chiffre d’affaire des boîtes de coursier, s’est beaucoup amoindri. Mais il reste toujours présent pour la livraison des bons à tirer, par exemple, pour les gens qui préfèrent lire sur du papier ou pour les plans de chantiers, que nous livrons fréquemment entre les imprimeries et les architectes et les ingénieurs.

« À son commencement, en 1999, vélocité travaillait principalement dans un monde triangulaire entre les boîtes de communication, les ateliers de photolithogravure et les imprimeurs. »

Et puis, juste après les arts graphiques, le monde juridique s’est ouvert à vélocité. Il fallait pour les notaires faire des allers-retours entre leur bureau et la Chambre Vaudoise du Commerce et de l’Industrie ou la Préfecture. Ce secteur est encore bien présent aujourd’hui puisque que les notaires travaillent toujours sur papier et ne peuvent pas (encore ?) envoyer les documents à légaliser par e-mail. 

 

Le médical est venu ensuite. Premièrement du fait des nombreuses radiographies qu’il fallait transporter puis, peu à peu, on nous a confié le transport d’analyse médicale : sang, morceau de muscle, de peau ou d’organe, tumeur à analyser, etc. Avec le perfectionnement d’internet, nous ne transportons plus de radios mais le transport d’analyses médicales est en pleine croissance. Les machines d’analyses coûtent cher et sont encore volumineuses, chaque médecin ou petit hôpital ne peut pas se permettre d’avoir ses propres moyens d’analyse. De plus, il faut savoir que les laboratoires ont plutôt tendance à se spécialiser : par exemple les analyses pathologiques se feront à Genève et celles concernant la bactériologie se feront à Lausanne. Ainsi, le transport entre les villes est devenu intéressant. C’est là qu’intervient un de nos partenaires principaux : Swissconnect. 

« Avec le perfectionnement d’internet, nous ne transportons plus de radios mais le transport d’analyses médicales est en pleine croissance. »

Fondé en 2001 à Lucerne, Swissconnect s’est chargé au fil des années de construire un réseau national afin de mettre en lien les entreprises de coursiers à vélo (et les taxis quand il n’y a pas encore de vélo) par l’intermédiaire des trains. En résumé, ça veut dire qu’on peut charger dans un fourgon sécurisé des analyses médicales prises à Lausanne et qu’un coursier les déchargera à Bâle pour les amener au laboratoire. Swissconnect se charge de la logistique des envois, de la commande des courses ainsi que du démarchage des clients dans l’esprit de mettre à profit les trains plutôt que des fourgonnettes remplissent les autoroutes suisses. 

 

Notamment grâce au service Swissconnect, nous avons commencé à travailler pour le monde du voyage, le « business travel » comme le nomme Raoul : des allers-retours entre certaines sociétés, dont les employés doivent voyager, et les ambassades de différents pays. C’est aussi en partie grâce à Swissconnect que le monde de la finance s’est intéressé à nos services pour des courses urgentes entre certaines grandes entreprises et leurs banques.

« Notamment grâce au service Swissconnect, nous avons commencé à travailler pour le monde du voyage, le « business travel » comme le nomme Raoul (...)

Pour finir, il subsiste encore deux secteurs dont je n’ai pas encore parlé : les cases postales et Dring Dring. Par case postale, il faut comprendre le service que nous proposons aux entreprises d’acheminer leur courrier depuis leur case postale dans les différentes postes de la ville et de l’amener chez eux puis, le soir, de passer prendre leur courrier pour aller le poster à leur place. Et puis il y a le service Dring Dring. Les clients de certains commerces de Lausanne, Vevey, Yverdon, Neuchâtel, Sion et Bienne peuvent faire leur course et laisser leur sac de commission au magasin. Nous nous chargeons ensuite d’acheminer les courses chez les particuliers. Ce service est notamment prisé par les personnes âgées qui peinent à soulever le poids de leurs courses et permet de faire ses courses à pied sans la nécessité de prendre sa voiture au centre-ville. 

 

Enfin, assez parlé du marché, voici pour finir quelques courses un peu plus extraordinaires que les autres qu’on a pu réaliser. On a déjà transporté : 

 

  • Une tête de veau (pour analyse de vache folle paraitrait-il)

  • Des souris de laboratoires dans une cage transparente, ce qui permettait au coursier de les voir gambader devant lui sur sa plateforme alors qu’il roulait

  • Des poussins

  • Une truite géante qui devait être envoyée rapidement pour se faire empailler

  • Un sac de gym pour un petit garçon insouciant

  • Un jambon cru d’une valeur de mille francs

  • Un chien mort (pour raison inconnue)

  • Un jeu vidéo pour le fils impatient d’un client régulier

  • Des boules de nourriture pour les oiseaux que le coursier a dû accrocher aux arbres lors du rigoureux mois de janvier de 2016

  • Quelques allers-retours entre une table d’opération et un laboratoire, pour orienter les chirurgiens sur la dangerosité d’une tumeur

L'auteur

Né en janvier 1989 à Vevey, Laurent Küng fait ses écoles à Blonay, à La Tour-de-Peilz puis part étudier la philosophie et la littérature francophone à l’Université de Lausanne.  En parallèle du gymnase et de l’Université, il mène une carrière de musicien dans quelques groupes de la région (The Awkwards, The Mondrians, …). En 2015, il commence à travailler pour vélocité. En 2016, sous le pseudonyme d’Auguste Cheval, il publie son premier roman – La disparition de l’homme à la peau cendre – puis en 2018, Les corps glorieux, s’inspirant en partie de son travail à vélocité.

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